La nature et l'environnement

Les petits rongeurs de nos jardins

Quand on dit petits rongeurs on pense en premier lieu aux Souris, Campagnols, Mulots et Taupes mais il y a aussi les Musaraignes et plus rarement les Loirs et les Lérots. Comment s'y retrouver dans toutes ces espèces pas toujours faciles à différencier ?

Commençons par la Souris grise avec son pelage gris comme son nom l'indique. C'est la plus petite des rongeurs avec à peine 7 à 10 cm plus la queue qui est presque la même longueur que le corps. Sur la tête, on peut voir deux petits yeux ronds noirs et deux petites oreilles arrondies tirant sur le rose. Elle est très prolifique allant jusqu'à 15 portées par an d'une douzaine de petits qui seront capables de se reproduire à l'âge de 6 semaines... c'est de la performance Elle est présente dans les jardins et aux alentours des maisons n'hésitant pas à entrer pour élire domicile. Elle fait peur à pas mal de monde mais c'est du au fait de sa rapidité à se déplacer qui nous fait sursauter.

Le Campagnol, un peu plus gros, présente un pelage brun foncé sur le dos et blanc sale sur le ventre. Son aspect est plutôt arrondi avec son corps ramassé. La queue est courte et les oreilles sont toutes petites presque cachées dans le pelage. Le museau est court et arrondi. Il y a deux espèces de Campagnol courant chez nous. Le Campagnol des champs et le Campagnol terrestre. Ils sont tous les deux végétariens et consomment pas mal de racines, d'herbes et de graines. Ils vivent dans des galeries souterraines de 20cm à 1 m de profondeur qu'ils creusent plutôt en oblique contrairement à la Taupe qui fait des galeries verticales. Les terres évacuées des galeries forment des amas plus petits que les taupinières qui sont de vrais monticules. Le Campagnol des champs est le plus petit avec une quinzaine de centimètres par rapport au Campagnol terrestre, appelé aussi Rat taupier qui va jusqu'à 25 cm. Avec ses 6 portées de 4 à 5 petits par an, on comprend que le Campagnol n'est pas l'ami du jardinier.

Le Mulot sylvestre présent un corps plus élancé avec une quinzaine de cm à laquelle il faut ajouter 7 à 10 cm pour la queue presqu'aussi longue que le corps. Il a d'ailleurs la particularité lors d'une attaque d'un prédateur de pouvoir casser une partie de sa queue pour s'enfuir comme le font certains Lézards ou l'Orvet. On appelle cela l'autotomie. Sur la tête on peut voir un museau pointu, deux gros yeux ronds et noirs ainsi que deux grandes oreilles bien visibles. Le pelage est plutôt gris-fauve et légèrement plus clair sur le ventre. Essentiellement nocturne, il peut se déplacer d'arbres en arbres grâce à ses pattes arrière bien développées. Son régime alimentaire est plus omnivore car en plus de consommer de l'herbe, des graines et des racines, il apprécie volontiers les fruits et les petits insectes.

La Taupe, mieux connue que les rongeurs est un mammifère insectivore au même titre que la Musaraigne. Je n'insisterai pas sur le sujet car elle a déjà fait la part belle d'un numéro précédent du bulletin communal.

La Musaraigne, appelée « Miserette en wallon) est assez proche de la Souris avec ses petits yeux ronds, ses petites pattes et sa queue presque nue. La grande différence se situe au niveau du museau qui est beaucoup plus long et mobile terminé par une forme de trompe qui lui permet de fouiner dans le sol car la Musaraigne n'est pas classé dans les rongeurs mais bien dans les insectivores. Elle est active de jour comme de nuit car elle doit ingurgiter l'équivalent de son poids (10 à 15gr) en Insectes, Araignées, Vers de terre ou encore Limaces. Elle a un très bon odorat allant jusqu'à repérer un Ver de terre enfoui à 12 cm de profondeur. Le cycle de vie est très court allant rarement au maximum de deux ans car la Musaraigne est constamment stressée provoquant sa mort par excès d'hormones. Le nom Musaraigne vient du latin MUS (souris) et ARANEUS (araignée). Elle a souffert de son nom et de sa réputation. Sa morsure est si douloureuse qu'on a longtemps pensé qu'elle était venimeuse. On a été jusqu'à dire qu'elle était capable de mordre un petit rongeur et de provoquer sa mort par la toxicité de sa salive produite par des glandes sous maxillaire. Pour preuve, même les chats la tuent mais ne la mangent pas. En réalité, seules quelques rares espèces de Musaraignes vivant au Canada sont toxiques. Le seul risque chez nous est que comme tout animal sauvage, la morsure est une porte ouverte à touts germes et bactéries si elle n'est pas traitée de suite.

Le Loir est un petit rongeur de 15 à 20 cm auxquels il faut ajouter 15cm pour la queue. Essentiellement nocturne, il beaucoup moins fréquent que les rongeurs cités précédemment. Son pelage est majoritairement gris avec des joues et le ventre blanc. Autour de ses yeux, on peut voir des petits cercles noirs. Sa longue queue grise est touffue jusqu'à l'extrémité. On peut remarquer sa présence lorsque qu'on a la chance de trouver son nid fait d'une boule de 15cm de brindilles, de mousses, de feuilles et d'herbes séchées avec une entrée latérale, le tout installé dans un vieux mur, un creux d'arbre ou dans les branches d'une haie à hauteur moyenne. 

Il est également considéré comme omnivore car il consomme, en plus des graines et des fruits secs, des champignons, des bourgeons et des insectes. Il hiberne une grande partie de l'année, d'octobre à avril, c'est pourquoi en Allemagne, il est appelé « Siebenschläfer » celui qui dort 7 mois. On connait tous l'expression dormir comme un Loir ou encore paresseux comme un Loir ce qui qualifie un sommeil profond. Vu sa rareté, il est complètement protégé dans toute l'Europe. 

Le Lérot est le petit cousin du Loir. Il est un peu plus petit avec sa taille maximum de 15 cm. Son pelage est brun gris avec le ventre blanc. Ses grands yeux sont cerclé de noirs jusqu'aux oreilles comme s'il portait des lunettes et sa longue queue de 12 à 14 cm se termine par un petit balai noir et blanc. Nocturne également il se déplace rarement au sol mais plutôt dans les arbres et dans les haies. Son régime alimentaire est composé de graines, fruits, Insectes, Escargot et aussi des œufs d'oiseaux qu'il va chaparder dans les nids. Tout comme le Loir, il entre en hibernation à partir du mois d'octobre jusqu'au mois d'avril. Si la température à la belle saison descend sous les 12° il lui arrive de se mettre au ralenti en attendant la remontée des températures. Il est également protégé dans toute l'Europe vu sa faible population.

Les prédateurs naturels de toute cette petite population de rongeurs sont les Renards, les Fouines, les Martres, les Chats, les Chouettes et les Hiboux, les rapaces diurnes comme les Buses, Faucons. Ils ne sont pas appréciés des jardiniers mais ils nous sont quand même utiles pour nous débarrasser des Limaces, Escargots ou autres Insectes de tout genre sans oublier qu'ils font partie d'une chaine alimentaire indispensable au maintien des espèces animales.

Stembert regorge de biotopes, d'une faune et d'une flore souvent méconnus.

Grâce au partenariat avec Natagora et au guide Christian Desart, plume de ces articles, nombreuses seront les possibilités de découvrir les lieux de notre village ainsi que la faune et la flore de notre région.

Le Val du Cossart

Poumon vert de notre région, un magnifique lieu à visiter tout au long de l'année.

Cette vallée s'étend sur les deux communes de Jalhay et de Verviers dans un cadre naturel qui a échappé, jusqu'à présent, à l'urbanisation de notre région. 

Réputée pour sa nature, mais moins connu pour sa grande diversité avec des chiffres surprenants: 75 sortes d'oiseaux, 12 mammifères, des poissons, reptiles et insectes. 200 espèces de végétaux.

Traversée par un ruisseau, le Cossart, qui prend sa source dans les bois de la Louveterie, il s'écoule au travers des prairies proches.

Le coucou gris

Avec le retour du printemps, pratiquement tous nos oiseaux migrateurs sont revenus. L'un d'entre eux, assez timide et difficile à observer est le coucou gris. Le Cuculus Canorus, de son nom scientifique, est un peu plus petit que le pigeon avec ses 32 à 34 cm, pour une envergure de 55 à 60 cm et un poids avoisinant les 100 à 130 g. Son plumage est généralement gris dessus et blanc finement barré de noir dessous. Sa queue varie de gris foncé à noir avec quelques taches blanches. Ses yeux sont bruns avec un cercle oculaire jaune.

On le rencontre dans toute l'Europe, que ce soit en lisière de forêt, en clairière sauf en zone de grande culture et dans les forêts de conifères monotones. Présent chaque année dans le Val du Cossart, on l'observe assez difficilement mais on remarque sa présence par son chant bien connu « coucou, coucou » d'où l'on dit qu'il coucoue ou qu'il coucoule.

Il se nourrit d'insectes (scarabées, libellules, criquets, ...) mais il a la particularité de manger des chenilles velues que les autres oiseaux dédaignent. Pour éviter l'empoisonnement, il pince une extrémité de la chenille, la découpe avec le bec et la secoue pour en extraire la substance toxique avant de l'avaler.

Il est surtout connu pour son comportement à parasiter les nids des autres oiseaux pour se reproduire. Spécialisé dans les petites espèces telles que rouge-gorge, rousserolle, accenteur mouchet, bergeronnette grise, allant même jusqu'au petit troglodyte, la femelle coucou va jusqu'à imiter les œufs des parents adoptifs (taille et couleur). Elle retarde sa ponte en fonction de la ponte de l'oiseau parasité remplaçant ainsi un œuf par le sien avant que l'oiseau ne commence à couver. L'embryon du coucou se développe déjà dans le corps de la femelle afin d'éclore avant ses frères et sœurs d'adoption. Agé de 8 à 10 heures à peine, le jeune coucou va éjecter instinctivement les œufs hors du nid. Pour ce faire, il va devoir faire preuve de force et de volonté. Grâce à un creux dans le bas de son dos, il va porter un à un les œufs sur le bord du nid pour les éjecter. Cet instinct destructeur est essentiel pour lui car, vu sa croissance rapide, il aura bien besoin de toute la nourriture que pourront apporter ses parents adoptifs. Après 4 jours, ce creux va disparaître et les plumes vont commencer à pousser. Pendant +ou- 20 jours, va commencer le ballet incessant des parents pour essayer de rassasier cet ogre qui sera presque 2 à 3 fois plus gros qu'eux. Quel soulagement lorsque celui-ci quittera le nid. Il sera encore dépendant des parents pendant une semaine et au bout de deux mois, il quittera notre pays pour aller passer l'hiver en Afrique du sud. Ni sa mère, ni ses parents adoptifs ne lui montreront le chemin à suivre, celui-ci est inscrit dans ses gènes dès sa naissance (ses parents adoptifs ne migrent que jusque dans le bassin méditerranéen).

Dans certaines régions, la légende raconte que si un promeneur a de l'argent en poche lorsqu'il entend chanter le premier coucou de l'année, il sera riche toute l'année.

Quelques chiffres

75 sortes d'oiseaux
12 espèces de mammifères
200 végétaux 

Le Grand-Vivier

Un étang au cœur du village

Rares sont les localités pouvant se targuer d'avoir un tel havre de paix en son sein. 

Le Grand-Vivier, tous ceux qui ont traversé Stembert en ont retiré un instant suspendu dans leur périple : jeunes se retrouvant aux abords, personnes âgées se reposant sur un banc, promeneurs locaux et autres passants ont tous été happés par ce lieu.

Biotope ayant traversé les âges et les embûches de l'urbanisation, il est aujourd'hui un lieu d'eau stagnante perpétuellement sujet aux risques de notre mode de vie.

Souvent rallié par parc du Château des Moines tout proche, il demeure également un lieu fort prisé pour des activités villageoises.